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Pour le lire, il faudrait beaucoup marcher

 

Au dos des Prélivres de Bruno Munari, on peut lire :

 

A - Un livre, qu’est-ce que c’est ?

B - C’est un objet formé de nombreuses feuilles réunies par une reliure.

A - Mais qu’est-ce qu’il y a dedans ?

B - D’habitude il y a des mots qui, s’ils étaient mis bout à bout, formeraient une ligne qui aurait des kilomètres de long, et pour la lire il faudrait beaucoup marcher. 

Bruno Munari, I Prelibri, 1980. 

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Dans Si une nuit d’hiver un voyageur d’Italo Calvino, un personnage explique :

 

- Ce n’est pas pour lire, c’est pour faire. Je fais des choses avec les livres. Des objets. Oui, des oeuvres : statues, tableaux, appelle-les comme tu voudras. (...) Belle ma tière à travailler le livre, on peut faire tellement de choses. 

Italo Calvino, Si une nuit d’hiver un voyageur, 1979. 

 

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À partir de l’impulsion de ces deux extraits, je décide de réaliser la « ligne qui aura(it) des kilomètres de long » de Munari à partir de deux exemplaires de Si une nuit d’hiver un voyageur de Calvino dont je découpe et assemble chaque ligne de mots. 

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